Vents de Sable -Femmes de Roc

Elk jaar, bij het rijpen van de dadels, maken de traditionele Tebuvrouwen van Bedouaram zich klaar voor hun jaarlijkse karavaantocht. Hier in het uiterste zuiden van de Sahara in Niger trekken de woestijnvrouwen 1.5000 km ver naar een dadelplantage, om er te helpen aan de pluk. Dankzij de verkoop van één seizoen dadels kan een nomadenfamilie één jaar lang economisch onafhankelijk blijven en alle noodzakelijke levensmiddelen kopen. De vrouwen ondernemen deze gevaarlijke tocht alleen met hun kinderen: de man hoedt thuis de kamelenkudde. Tijdens deze tocht delen de nomadenvrouwen hun geheimen en angsten met elkaar, worden er kinderen geboren, en dringen de dromen van het moderne leven zich op.

Très documenté et très préparé, ce premier long métrage pour le cinéma suit une caravane composée uniquement de femmes Toubou et de leurs enfants, qui partent, comme chaque année à la même époque, à dos de chameaux avec quelques ânes et chèvres, traverser le désert pour aller récolter des dates dans un village à 1500 km de leurs camps. L’argent de cette récolte leur reviendra entièrement, et en propre. Un voyage comme une quête d’indépendance financière, et, plus largement, une quête de leur autonomie et de leurs rêves.
Si le désert impose ses dimensions au cadre, qui se resserre souvent sur les groupes ou les visages, le film ne prend pas pour autant un parti pris esthétisant. Le désert et le soleil y apparaissent dans leur couleur de plomb. Refusant aussi la forme de l’entretien propre au film ethnologique, capturant des moments, des gestes, des palabres et des confidences, Vents de sables réussit à saisir ces femmes dans leur environnement, dans leurs rapports aux groupes qu’elles forment, aux hommes et, plus généralement, à leur condition de femmes. Avec beaucoup de finesse et d’écoute, se voulant neutre et invisible, la caméra enregistre ces moments-clés où des intimités, en se dévoilant, désignent, par opposition ou, au contraire, par adéquation, les pans entiers d’une société qui les construit. Et le film, par touches successives, révèle un monde, sur le point de disparaître (du pétrole, des grandes compagnies internationales, la modernité… tout cela n’est pas loin.)
La progression de la caravane est scandée par les explications de Domagali, l’aînée, qui en a pris la tête, et qui, telle une conteuse, raconte la portée et les étapes du voyage. Des intertitres décomptent les jours. Une musique aérienne et étrange fait aussi basculer, par instants, les images dans une sorte d’atemporalité. Vents de sable prend ainsi doucement l’ampleur du mythe, mais sans jamais caricaturer la vie de ces femmes, rieuses et fortes dans un quotidien bien réel et aride.

Mais, à force de ne rien vouloir expliquer et de tout feuilleter, Vents de sable, intelligent et fin pourtant, frôle une certaine légèreté derrière laquelle la simplification abusive pointe le bout de son nez – et une sorte d’humanisme de bas étage un peu mièvre sur toutes les femmes du monde sœurs devant l’adversité… À force de croire en la fiction du documentaire (un observateur neutre et invisible), le film en vient aussi à manquer paradoxalement d’altérité. C’est que rien ne nous est donné à sentir et à voir de la confrontation entre la réalisatrice (et son équipe, sa technique, sa machinerie…) et ces femmes (qui rêvent d’électricité). Sauf cette séquence où elles font une pause dans la récolte devant la télévision, et se mettent à commenter le physique des femmes blanches à l’écran. Celles qu’on regarde nous regardent aussi. C’est une très belle séquence.

Publié le 10/05/2010 par Anne Feuillère

Info: Vents de Sable (DOC) – 2010 – Nathalie Borgers – BE – 90’
Wanneer: geen vertoning
Waar: Burgemeester Meirsonstraat 67 Destelbergen
Inkom: